Texte :

Essentiellement deux textes des XVIIème et XVIIIème siècles qui ont le « costume » comme problématique :

- un « cas de conscience » de 1728, tenu par un Docteur de la Sorbonne, petit texte à l’attention des confesseurs leur fournissant les arguments à utiliser pour inciter les femmes à abandonner le port des « paniers », et anticipant sur les réponses à apporter aux objections qu’elles ne manqueront pas d’opposer.

- Les Mémoires de l’Abbé de Choisy habillé en femme, texte posthume de l’Abbé de Choisy (1644-1724), personnage extravagant et sulfureux qui vécut habillé en femme et en séduisit plus d’une…

Problématique : interroger les injonctions diverses -intériorisées, revendiquées ou subies- qui motivent notre rapport au vêtement, et au-delà, au paraître, donc au vivre-ensemble. Point de départ : les injonctions faites aux femmes en matière de tenue, pour toutes sortes de motifs (culturels, sociaux, religieux) pour en arriver, à travers le rapport au vêtement, à interroger le genre, dans un questionnement dont les arguments, les compromis et les paradoxes ressurgissent dans le contexte contemporain, proférés par d’autres hérauts certes, mais toujours avec le corps comme emblème, à domestiquer, à soumettre ou à libérer.

Spectacle à venir

D'après une idée d'Anne Verdier

#RASDUPANIER

Création 2020

Les enjeux

Les paniers demeurent une parure à la mode, et leur ampleur varie en fonction de l’importance sociale des femmes qui les portent, jusqu’à atteindre parfois des dimensions impressionnantes. En vain, l’Eglise condamne leur port et ne cesse de demander aux femmes de les abandonner, au nom de la vertu et de la modestie. Ce faisant, elle les contraint, en apparence, à choisir entre la soumission à la mode et l’obéissance à la religion. A ces femmes qui affirment leur liberté en revendiquant le carcan vestimentaire du panier, nous avons juxtaposé la posture singulière et doublement transgressive de l’abbé de Choisy, qui affirme sa liberté en troquant la soutane pour la robe (première transgression : celle du genre), non pour se rapprocher du commerce des hommes, mais par goût et sans cesser de désirer les femmes ni de les séduire (deuxième transgression : l’homosexualité, puisqu’aux yeux de tous, l’abbé est une femme).

Deux formes diamétralement opposées de la revendication de la liberté du corps, auxquelles nous en ajoutons une troisième pour son ambivalence malicieuse : l’effeuillage burlesque, qui, en donnant la parole non plus à un texte d’homme mais à un geste de femme, tient lieu à la fois de rupture chronologique et de projection vers la modernité.

Mise en scène : Gilles Losseroy 
Avec : Joël Fosse et Julie Mertz

Les partenaires hors collectivités locales :

CFA Opéra de Lorraine

DNMADE Lycée Claude Daunot Nancy